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Hyperconnecté, il est temps de ralentir

12 Août 2025, 06:06am

Publié par Hypersensible.eu

Et si demain votre smartphone disparaissait ?
Panique ou soulagement ?

Car depuis la fin des années 1980, nos vies se sont transformées à une vitesse inédite. Téléphones, ordinateurs, réseaux sociaux, notifications : le numérique est devenu omniprésent. Au point de s’inviter en permanence dans nos poches, tout au long de la journée. Et parfois même dans nos rêves, surtout pour les plus hypersensibles d’entre nous.

Faut-il s’en inquiéter ?  S’en réjouir ?
Ou simplement apprendre à naviguer dans cette nouvelle réalité sans s’y perdre ni y laisser son âme ? 

Quelle que soit votre vision, est-il souhaitable, voire même raisonnable, de pouvoir de temps en temps s’accorder une « pause numérique » ? Ce que certains appellent aussi une « déconnexion numérique » ou pour ceux qui préfèrent les termes issus du monde anglophone une « déconnexion digitale ».

C’est à dire se déconnecter volontairement de tous nos appareils de types smartphone, tablettes voire ordinateurs. 

1️⃣ Une dépendance progressive au numérique

Jeune homme des années 80 se promenant dans les rues d’une ville en téléphonant avec un appareil de l’époque


A la fin des années 1980, Internet et les téléphones portables n’étaient encore que des outils pratiques.

Recevoir un email était un événement ! De même, j’ai encore en mémoire mon premier portable, un Nokia indestructible qui servait uniquement à téléphoner... 
Même d’Irlande en dépannage. Mais avec une tarification adaptée. C’est à dire hautement prohibitive.

L’arrivée des smartphones, des applications et des réseaux sociaux a complètement changé la donne. L’instantanéité est devenue la norme. Les échanges ne se mesurent plus en jours ni en heures. Même pas en minutes. Juste en secondes.

De fait, n’aurions nous pas basculé sans nous en rendre réellement compte d’un monde où la technologie nous servait, à un monde où nous la servons ? 

2️⃣ Les mécanismes psychologiques de l’addiction

Homme de 45 ans assis dans un espace collaboratif en train de regarder anxieusement ses emails sur son smartphone


Alors j’ai essayé de comprendre les principaux mécanismes qui nous rendent si dépendants à un numérique devenu quasi hégémonique.

Certains experts parlent d’abord de la dopamine. Cette petite molécule produite par certains de nos neurones, hormone du plaisir immédiat en réponse à une stimulation. Chaque « notification » de notre smartphone serait une petite récompense imprévisible pour notre cerveau qui stimulerait notre circuit du plaisir. 
Principe bien connu dans les Casinos, qui a largement contribué notamment au succès des machines à sous.

Il y a aussi cette fameuse « peur de manquer ». En langage anglophone le FOMO (Fear Of Missing Out). Cette angoisse permanente de peut-être passer à côté d’une information, d’un message, d’une opportunité. Qui ne l’a jamais ressentie ?

Enfin, il y a cette sensation de gratification sociale instantanée : les likes, commentaires, partages qui agissent comme des signes de reconnaissance immédiats. Même de personnes totalement inconnues que nous ne rencontrerons sans doute jamais. Qui n’a jamais ressenti un petit frisson de satisfaction en voyant ses publications sur Instagram ou TikTok être appréciées ?

Le plus troublant, c’est que beaucoup d’entre nous pensent « maîtriser » leur usage. 

Mais en réalité, les concepteurs des plateformes travaillent précisément à capter notre attention le plus longtemps possible. Les boucles de défilement infini, les vidéos qui se lancent automatiquement, les suggestions personnalisées ne sont absolument pas des hasards. Ce sont des stratégies minutieusement étudiées pour nous garder scotchés sur nos appareils numériques.

3️⃣ Bienfaits et limites du numérique  

Je ne suis certes pas en train de vous dire que le numérique est le mal absolu ! 

Au contraire, il nous apporte énormément :

👉 L’accès à l’information en temps réel, sans frontières géographiques, est révolutionnaire.

👉 La facilité pour effectuer de nombreuses démarches de la vie personnelle et professionnelle.

👉 Le lien social avec nos proches éloignés est également précieux. Grâce aux réseaux sociaux et aux messageries, nous gardons le contact avec notre famille mais aussi avec des amis que nous aurions probablement perdus de vue autrement. 

👉 Les opportunités professionnelles avec également les applications de réunions et de partage désormais accessibles à tous. Les usages s’étant fortement accrus depuis la période Covid et la banalisation du télétravail.

👉 L’ouverture culturelle désormais possible de chez soi, et souvent même gratuitement.

Dans un salon d’aéroport, homme de 45 ans stressé regardant ses emails sur son smartphone et « elle de 45 ans lisant paisiblement un livre


Mais reconnaissons aussi ses zones d’ombre :

👉 La surcharge mentale est réelle. Et encore plus pour une personne hypersensible. Notre cerveau n’est pas conçu pour traiter en permanence autant de stimuli. Trop d’informations tue l’information. 

👉La fragmentation de l’attention, cette difficulté croissante à se concentrer sur une tâche longue sans être tenté de « checker » ses messages ou ses réseaux sociaux.

👉 L’impact sur notre santé physique n’est aussi plus à démontrer : sommeil perturbé par les écrans, sédentarité accrue, fatigue visuelle… 

👉 L’impact émotionnel. Celui qui m’inquiète le plus. Cette anxiété diffuse, cette comparaison sociale permanente avec les vies « parfaites » que les plus jeunes notamment voient défiler sur les réseaux sociaux. Mais aussi cette perte de présence dans l’instant.

Le plus ironique et à la fois le plus paradoxal, c’est que si le numérique nous rend plus connectés que jamais, il nous isole aussi parfois, pour ne pas dire souvent pour certains, dans le monde dit « réel ».

Alors si les échanges en ligne peuvent compléter les liens humains, c’est merveilleux.  Mais s’ils doivent les remplacer, alors le risque de les appauvrir est majeur. Et le risque d’isolement dans le monde réel est parfois au bout du chemin numérique.

4️⃣ Déconnexion : souhaitable et possible ?

Indéniablement, une déconnexion numérique peut générer du stress ou un sentiment d’exclusion, surtout si notre vie sociale ou professionnelle est très liée aux outils digitaux. Et il faut bien reconnaître que dans certains métiers, être injoignable même quelques heures peut poser problème.

Mais il est tout aussi indéniable qu’une pause numérique peut permettre de retrouver un rythme plus naturel, de diminuer la pression des sollicitations constantes, de renouer avec des activités « hors écran » comme la lecture, la marche, la vraie conversation. De désencombrer un cerveau souvent en surchauffe. Et de retrouver parfois de véritables relations humaines.

Dès lors Humain et Numérique ne sont-ils pas entrés dans une relation totalement schizophrénique ?

Sauf cas extrêmes et rares, vouloir déconnecter totalement, sur la durée, reste donc compliqué,  voire non souhaitable. Surtout dans une sociétés comme la notre, où tout passe de plus en plus par le numérique comme les démarches administratives, l’organisation du travail, l’accès à l’actualité… 

En revanche, une déconnexion partielle ou ponctuelle est souvent plus réaliste et, je le crois, efficace. A minima pour se reconnecter à soi même et retrouver les vraies valeurs de la vie humaine.

5️⃣ Conseils pour une déconnexion (temporaire) réussie

Jeune femme dans son salon le soir lisant paisiblement un livre, son smartphone posé sur la table



Tout d’abord, et comme dans toute bonne action commando, il faut préparer le terrain, pour éviter au maximum certaines frustrations et l’anxiété de « laisser tomber »  les autres.

Il est donc essentiel de :

👉 Prévenir ses contacts proches et ses collègues. 

👉 Programmer des réponses automatiques sur ses emails et messageries.

👉 Supprimer temporairement certaines notifications non indispensables.

👉 Supprimer temporairement certaines applications de son téléphone.

👉 Pour les plus audacieux ou kamikazes d’entre nous, remplacer progressivement certains usages numériques par des alternatives physiques. Comme par exemples un agenda papier ou des appels téléphoniques plutôt que des échanges de messages interminables.

Ensuite chacun doit trouver le format qui lui convient le mieux :

👉 Des micro-pauses, d’une à deux heures sans écran chaque jour peuvent créer des respirations bienvenues. 

👉 Se fixer des plages horaires spécifiques pour consulter ses messages, plutôt que de les « checker » toutes les cinq minutes. 

👉 Une journée off par semaine permet un vrai ressourcement. 

👉 Et lors des vacances, une semaine de déconnexion peut être profondément régénératrice. Même pour les ados 😉

Les moments libérés peuvent être alors librement investis dans la lecture, la contemplation, la pratique artistique, les conversations en face-à-face… Ou tout simplement dans le repos sans stimulation. Des moments devenus si rares. Mais ô combien précieux.

Car au fond, la déconnexion numérique temporaire n’est pas une fin en soi. C’est un moyen pour retrouver la maîtrise de son attention. Mais aussi et surtout la maîtrise de soi et de sa vie

♥️ Une  reconnexion plutôt qu’une déconnexion ?

Se déconnecter totalement ou durablement, n’est sans aucun doute pas réaliste pour la plupart d’entre nous.

Et ce n’est sûrement même pas souhaitable. Le numérique fait désormais partie de nos vies. Et c’est très bien ainsi. 

Mais apprendre à se reconnecter à soi-même, à ses relations réelles et à son environnement, a un véritable sens.

Et c’est sans doute l’enjeu majeur de ces prochaines années. 

Gardons-nous de devenir les esclaves de nos outils. 
Ils sont à notre service, et non l’inverse.

Et vous, quelle est votre relation au numérique ? 
Avez-vous déjà tenté l’expérience de la déconnexion ? 

Une déconnexion numérique
n’est pas une fuite.
C’est une reconnexion
à soi-même.

🐈 Cham pour Hypersensible.eu

🔗🕊️ « Ensemble, renouons avec l’authenticité, au-delà des apparences. »
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